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Vers une situation d'injuste climatique

Par Pauline Mesurolle

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UN Photo/Mark Garten Les Présidents autrichien Heinz Fischer et sénégalais Abdoulaye Wade Co-Président de la table-ronde sur le changement climatique

Même en modifiant nos comportements vis-à-vis de l’environnement aujourd’hui, certains impacts seront inévitables. Pour faire face à ces modifications, une adaptation est indispensable mais elle ne doit pas entraîner la fin des mesures déjà mises en place en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Malheureusement, tous les pays du monde ne disposent pas de la même capacité à s’adapter à ces changements. Cela sera en effet plus aisé pour les pays du Nord.

Dans le rapport sur le développement humain de 2008, Kofi ANNAN, ancien Secrétaire général de l’ONU a déclaré que « les pays les plus vulnérables ont une moindre capacité à se protéger. Ils sont aussi ceux qui contribuent le moins à l’émission de gaz à effet de serre. Si rien n’est fait, ils paieront un prix élevé à cause des autres. »

En effet les pays industrialisés sont les plus responsables des GES. Il leur appartient en premier lieu de s’investir dans la lutte contre celles-ci et de soutenir les pays du Sud en les aidant à s’adapter aux impacts à venir. Les pays les moins avancés sont les plus vulnérables car ils ne possèdent pas les moyens financiers, techniques ou humains pour y faire face. Certains des pays en développement ont prévu des plans d’adaptation mais faute de contribution financière des pays développés, ils ne peuvent être mis en place.

On assiste donc à une situation d’injustie climatique. Les pays les plus vulnérables aux changements climatiques sont ceux qui peuvent le moins y faire face.

« Le changement climatique est en cours et la communauté internationale doit y répondre en offrant une aide bien ciblée aux pays sur la première ligne qui font face à des conséquences grandissantes telles » a déclaré Achim Steiner, Secrétaire général adjoint de l’ONU et Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et continuent en assurant que « les efforts, la réponse à l’adaptation et cette responsabilité envers l’Afrique doivent comprendre une amélioration significative des capacités en matière de surveillance climatique et météorologique sur le continent. Les pays d’Afrique pourraient alors mieux adapter leurs réponses dans des domaines comme l’agriculture ou la santé publique, et les bailleurs internationaux pourraient mieux saisir les besoins actuels et futurs de l’Afrique »

Dans son rapport annuel de 2007, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), avait déjà souligné la vulnérabilité du tiers-monde vis-à-vis du changement climatique, avant la conférence de Bali sur le sujet. La situation climatique est de plus en plus grave. Ces pays risquent de se retrouver rapidement dans une situation irréversible, notamment concernant l’accroissement de la famine, les risques sur la santé, les catastrophes naturelles, les pénuries d’eau, les migrations et l'accroissement des conflits.

Ainsi dans le nouvel accord de Copenhague, il est nécessaire que l’équité commande une aide financière et technologique appropriée des pays industrialisés envers les pays les moins avancés afin de leur permettre de s’adapter aux changements.

Le principe d’une telle aide vient d’être discuté et approuvé au sein de l’Union Européenne, lors du conseil européen sur le financement du changement climatique en date du 30 octobre 2009. Le montant n’a cependant pas encore été fixé. L’UE a toutefois estimé le montant du besoin mondial nécessaire pour tenter de faire face à la situation à 100 milliards d’euros par an entre 2013 et 2020.

Le sommet UE-Etats Unis, dont une des principales préoccupations devait être les changements climatiques, a eu lieu le 4 novembre. Le sujet a été évoqué mais aucune solution n’a été émise. L’Union Européenne a toutefois quelque peu réduit ses ambitions pour le sommet de Copenhague, en raison de la situation intérieure générale américaine. La présidence de l’UE devra ainsi œuvrer pour obtenir un engagement ambitieux des Etats Unis lors du sommet de Copenhague.

Pour tenter de sauver la conférence de Copenhague sur le climat, la France propose, quant à elle, un programme massif d'aide aux pays les moins développés ainsi qu’un un front commun entre ces pays et l'Union européenne. Mais ne souhaitant pas agir seule, elle souhaiterait participer à une initiative commune avec l'Allemagne et le Brésil pour tenter de faire émerger un axe associant aussi l'Afrique et le Mexique à l'UE.

En attendant de voir si ces intentions vont se concrétiser, la Banque Mondiale vient d’annoncer début novembre que six pays africains recevront 1,1 milliard de dollars en dons et prêts d’aide pour le développement des énergies renouvelables ainsi que pour une meilleure préparation à l’adaptation au changement climatique. Le Mozambique, le Niger et la Zambie recevront cinquante à soixante dix millions de dollars chacun afin de mettre en œuvre des « stratégies de résilience » et des programmes d’adaptation, tandis que le Maroc, l'Afrique du Sud et l'Egypte bénéficieront de prêts à "très faible taux d'intérêt" d'un montant respectivement égal à 150, 500 et 300 millions de dollars "pour renforcer leurs investissements dans les énergies propres"

Reste à attendre le sommet de Copenhague qui s’ouvrira le 7 décembre afin de voir les suites qui seront données à ces initiatives.

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NOTE : Ce texte est un travail étudiant. Il traite des opinions et constatations des auteurs uniquement. Il ne reflète pas les idées et la position officielle de l'Institut des hautes études sur les Nations unies, de ses administrateurs, directeurs, employés, partenaires ou des personnes consultées au cours de sa préparation.