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Synthèse de la Conférence de Jan Egeland

Par Anna Alekseenkova, Laura Di Cicco, Pauline Mesurolle et Marlène Moulin

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« Comment peut-on ensemble rendre le monde meilleur? », fût la principale question de cette conférence donnée par Jan Egeland, ancien secrétaire général adjoint des Nations Unies en charge des affaires humanitaires, coordinateur des secours d'urgence et actuel Conseiller spécial sur les questions de préventions et de règlement des conflits.
Le monde s'améliore-t-il réellement ou est-ce seulement une mauvaise interprétation des chiffres sur les guerres et la pauvreté? Il est impossible de répondre objectivement, car le monde est en train de changer. Tantôt la situation s'améliore tantôt elle s'aggrave, mais les progrès, quoique remarquables, sont trop lents. Pourtant, la lutte contre l'injustice, la faim et la mort précoce est aujourd'hui possible. L'important est de prendre en compte les nombreux facteurs qui influencent la mission d'un humanitaire: les multiples réalités, des objectifs divergents et l'impunité de certains auteurs d'exactions.

D'après les statistiques, depuis 1989 des progrès importants ont été réalisés dans les domaines de la pauvreté, des réfugiés, des guerres, des maladies et de la lutte contre la mortalité infantile.
Le rapport sur la sécurité humaine affirme qu'il y a eu dix génocides en 1990, contre un seul aujourd'hui, dans l'hypothèse ou l'on considère le conflit au Darfour comme tel. Il y a 20 ans, 52% des populations vivaient au dessous du seuil de pauvreté et deux fois moins en 2007. Le nombre de réfugiés a également baissé: 20 millions en 1989 contre seulement 12 à 14 millions aujourd'hui. Enfin, le facteur le plus important, la mortalité infantile est passée de 20 à 10 millions par an selon l'UNICEF.

Néanmoins, ces chiffres ne reflètent pas la réalité. Pendant ces 20 dernières années le fossé entre les riches et les pauvres s'est terriblement creusé et l'injustice sociale s'est installée.

Afin de mieux comprendre les nouveaux aspects des conflits internationaux il semble important d'en souligner les récents changements. Les Nations Unies ne sont plus dorénavant une puissance inattaquable et respectée mais une cible des attaques terroristes. Jan Egeland en a lui même fait l'expérience pour la première fois le 19 août 2003, lors de l'attentat à la bombe au quartier général des Nations Unies à Bagdad, tuant 22 travailleurs humanitaires et des agents des Nations Unies et blessant 155 personnes. Cette attaque a choqué la communauté des Nations Unies qui n'était pas préparée à ce genre de situation, convaincus que l'ONU ne serait jamais la cible directe des attaques. Mais le monde est en train de changer et les acteurs internationaux doivent faire face à une nouvelle réalité: les anciennes puissances ne sont plus les seules avec lesquelles il faille compter dans la communauté internationale.

De ce fait, l'architecture mondiale devrait correspondre au nouveau monde. Des pays tels que l'Inde, le Brésil ou le Nigeria étendent leur rayonnement international. Leur rapide et puissant développement devraient leur permettre d'avoir leur propre siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies au cours des prochaines années. Ainsi, cela contribuerait à clarifier leur légitimité dans la résolution des conflits armés.
Il y a de nombreuses réalités à prendre en compte pour comprendre un conflit, notre vision de la réalité n'est pas la seule qui soit. La première expérience de Jan Egeland en Colombie ainsi que sa rencontre avec Manuel Marulanda, un des leaders des FARC fût une parfaite illustration de la complexité de comprendre et de prendre en compte les différents paramètres d'un conflit. L'importance des narco-trafics, des problèmes politiques et des forces paramilitaires présentes démontre la nécessité d'avoir plusieurs angles de vue quant à cette guerre civile, qui est l'une des plus importante de ces 50 dernières années dans le monde occidental.
Le monde peut parfois être comparé à une loterie: « certains gagnent, d’autres perdent ». Les Nations Unies soutiennent activement les populations souffrantes en leur apportant l’aide adéquate. Néanmoins, les besoins restent parfois supérieurs aux moyens humains et matériels. Par conséquent, des milliers de personnes se retrouvent sans aide aucune et ont le sentiment d’être livrées à elles-mêmes. Pour illustrer cette situation, il suffit de donner les exemples du Darfour et des populations déplacées depuis le début des conflits.

C’est pourquoi il semble de plus en plus nécessaire que les états trouvent des réponses dans le but d’instaurer des solutions à la fois politiques et sécuritaires. Les évènements survenus au quartier général de l’ONU en Côte d’Ivoire en 2006, lors de l’incendie des bâtiments, montrent bien cette nécessité. Le monde est plein de paradoxes. D’un côté, lorsque l’on regarde quarante années en arrière, les hommes marchaient pour la première fois sur la lune. Et, d’un autre côté, la situation de millions de personnes est déplorable. Des personnes innocentes se retrouvent victimes malgré elles. Les plus vulnérables sont les femmes et les enfants qui subissent des exactions en tout genre : tour à tour agressés, blessés, tués, violés ou enrôlés comme soldats, ils sont les principales victimes des atrocités criminelles. Il apparaît donc nécessaire que les auteurs de ce genre de crimes soient mis face à leurs responsabilités. À cet effet, ils doivent être poursuivis en justice et être jugés par un tribunal compétent en la matière : la Cour Pénale Internationale.

Pour réussir à améliorer la situation dans le monde, plusieurs avancées semblent nécessaires.

L'aspect le plus important à améliorer aujourd'hui est la coordination entre les Etats. Il semble nécessaire que tous les acteurs internationaux, à savoir l'ONU, les ONG et les Etats travaillent ensemble. Cette coordination des acteurs permettrait ainsi une plus grande efficacité de l'action internationale. L'aide apportée lors du Tsunami de 2004 en Indonésie en est d'ailleurs un très bon exemple. 90 pays et 36 armées sont intervenus pour venir en aide aux populations sinistrées. Il en est de même de l'assistance apportée aux trois millions de personnes qui ont perdu leur habitation lors du tremblement de terre d'octobre 2005 dans la région du Kachmire. Cela démontre que tout est réellement possible lorsque l'ensemble des acteurs œuvre de façon conjointe. Ainsi lors de la guerre civile au Liberia en 2003, la paix a été possible grâce aux contributions financières des Etats. La coopération des Etats-Unis et des Nations Unies lors de ce conflit a permis la mise en place d'opérations de grande ampleur. Lors de cette guerre civile, le gouvernement des Etats-Unis a d'ailleurs été le plus important contributeur financier, en effet son investissement s'élevait à 26% de la somme nécessaire; ce qui est équivalent à son budget dévolu à 15 heures de guerre en Irak.
Un autre facteur essentiel consiste à fixer des buts ambitieux. Dans certaines situations cela se concrétise par la mise en place d'une médiation. Cela a en effet été le cas entre Israël et la Palestine lors de la signature de l'accord d'Oslo en septembre 1993.

Pour parvenir à la résolution des conflits, il est également nécessaire de faire preuve de plus de transparence et d'honnêteté sur la réalité des situations internationales. Cette clarté entre Etats et institutions internationales permettrait, peut-être, d'éviter certains conflits, ou du moins, d'y mettre fin plus rapidement.

NOTE : Ce texte est un travail étudiant. Il traite des opinions et constatations des auteurs uniquement. Il ne reflète pas les idées et la position officielle de l'Institut des hautes études sur les Nations unies, de ses administrateurs, directeurs, employés, partenaires ou des personnes consultées au cours de sa préparation.