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Sida : une arme de guerre en Afrique ?

Par Aïcha Yatabary Thiero

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UN Photo/Martine Perret

Sur les vingt cinq pays affichant la plus forte proportion d’orphelins du SIDA, un tiers ont été le théâtre de conflits armés au cours de ces dernières années. Si le SIDA modifie le paysage des guerres en Afrique, peut-on pour autant affirmer comme KOFI ANNAN, ancien Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies que « Le SIDA est la véritable arme de destruction massive » ?

La question de l’infection à VIH dans les zones de conflits est arrivée récemment au devant de la scène. L’épidémie survient dans un contexte où les constitutions sociales telles que l’école, sont fermées d’où l’impossibilité d’informer les jeunes. Les hôpitaux ne sont pas fonctionnels comme au Burundi où 60% des hôpitaux ne l’étaient pas après le conflit armé alors que la prise en charge thérapeutique pour réduire le risque d’infection doit se faire soixante douze heures après l’exposition au virus du VIH. Les pays ne font pas de l’information et de la prise en charge des personnes infectées leurs priorités.

L’utilisation du sida comme arme biologique et psychologique

Le viol est utilisé comme outil de guerre depuis des temps séculaires, même s’il tend à se diversifier et à se généraliser. Au Rwenda, 25000 femmes avaient été victimes de viol au cours du génocide. Cette forme de violence est conçue comme stratégie pour humilier, stigmatiser et terroriser une population et aussi pour acquérir un pouvoir politique.

Il existe des formes de viol particulièrement atroces comme les viols collectifs, les mutilations du corps liées à la reproduction comme l’ouverture des corps des victimes du sexe au cou et qui concerne particulièrement les femmes enceintes. Toujours au Rwenda, 20 000 femmes avaient survécus à un viol suite au génocide perpétré dans ce pays et 80% d’elles s’étaient révélées séropositives à l’issue du test de dépistage. Le Dr Tuna Lukiana de l’Hôpital Avicenne, Bobigny, affirmait qu’ « Avant la guerre, la prévalence de l’infection à VIH au Congo ne dépassait pas 5 à 6%. Après quelques années de guerre cependant, elle atteignait 15% dans l’Est du pays ». Le Dr Olara Otunnu, ancien Représentant Spécial des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés affirme qu’ « En Ouganda, les personnes atteintes du VIH/SIDA sont envoyées vers le nord par le gouvernement afin de créer le plus de dégâts parmi les fillettes ». En effet, un rapport de l’ONU/SIDA en 2000 faisait état de nombreux cas où le SIDA était utilisé comme arme de guerre. Avec l’apparition du VIH/SIDA, le viol est utilisé pour répandre l’épidémie dans le camp adverse et rendre les combattants vulnérables. Cependant, les populations civiles payent un lourd tribu avec des pays comme le Libéria où, à la fin de la guerre, plus de 49% des femmes de 15 à 70 ans avaient été violées.

Réponse de la communauté internationale

L’ONU, lors de sa session extraordinaire sur le VIH en Septembre 2001 a admis que les conflits armés contribuaient à la propagation du VIH. La résolution 1325 invite les pays des états membres du Conseil de Sécurité de l’ONU à « former sur le VIH/SIDA le personnel des forces militaires et à protéger les femmes et les petites filles contre les actes de violence sexistes en particulier le viol et les autres formes de sévices ». De plus, le SIDA contribue à la pérennisation des conflits. Les combattants se livrent à des pillages et à une exploitation abusive des ressources naturelles, profitant de la situation de crise, pour financer leur traitement Antirétroviral ainsi que celui de leur famille.

Nous nous acheminons vers un cercle vicieux, qui fait du SIDA un problème de sécurité internationale.

NOTE : Ce texte est un travail étudiant. Il traite des opinions et constatations des auteurs uniquement. Il ne reflète pas les idées et la position officielle de l'Institut des hautes études sur les Nations unies, de ses administrateurs, directeurs, employés, partenaires ou des personnes consultées au cours de sa préparation.