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Quelles issues pour l'intervention des Nations unies au Pakistan après l'attentant du Programme alimentaire mondiale ?

Par Julie Simoncini et Mimoza Mihalica

Reuters

Lundi 5 octobre à 12h15, dans les locaux du Programme alimentaire mondial (PAM) d’Islamabad au Pakistan, un homme vêtu d’un uniforme militaire a déclenché une explosion meurtrière, blessant de nombreuses personnes et coûtant la vie à cinq fonctionnaires internationaux.

Cet acte, revendiqué le lendemain par des Talibans affiliés à l’Organisation terroriste Al Qaida, a provoqué l’indignation générale. Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a vivement condamné cet acte terroriste ayant visé intentionnellement la plus grande organisation humanitaire du monde, chargée de nourrir plus de 90 millions de personnes souffrant de la faim, dans quelques dizaines de pays dans le monde. Cette agence onusienne est essentiellement active dans des pays très instables politiquement et menent des actions entrant dans la catégorie de l’humanitaire d’urgence. Prioritairement destiné aux enfants, le Programme alimentaire mondiale vient néanmoins en aide à toutes les populations ayant besoin d’assistance. Tout en souhaitant aussi participer au développement économique et social des pays dans lequel il œuvre, le PAM aide la population pakistanaise depuis de nombreuses années et a redoublé d’efforts lors du tremblement de terre que le pays a subi en 2005, ou encore dès le début des conflits armés et des attentats terroristes, qui ont eu pour résultat des milliers de victimes et des millions de personnes déplacées à travers tout le pays.

Les combats entre l’armée du Pakistan et les talibans dans la vallée de Swat ont provoqué une crise humanitaire et le déplacement de plus de 2 millions de personnes. C’est dans ce contexte difficile que s’inscrit le travail des Nations-Unies et des ONG. Après avoir condamné de la manière la plus forte "cet attentat suicide odieux", le Secrétaire général de l’ONU a néanmoins indiqué que l'Organisation continuerait d’apporter son aide aux pakistanais. Le Pakistan voit sa stabilité ébranlé par un mouvement taliban de plus en plus important et qui a encore frappée à de nombreuses reprises depuis l’attentat contre le PAM.

Le fait que des actes terroristes s’en prennent aux organisations du système des Nations unies est un élément retentissant, alarmant et particulièrement inquiétant. Le monde a toujours été persuadé que l’Organisation des Nations unies et ses organes constituaient un idéal, intouchable et respecté de tous. La Maison de verre a été créée dans l’unique but de préserver la paix mondiale et de soutenir les populations fragiles, et ce , sans discrimination. Les récents événements ont clairement démontré que des limites avaient été franchies au moment où la bombe d’Islamabad a explosé. Malgré sa fonction bien particulière d’acteur humanitaire œuvrant seulement pour soulager les populations locales, le PAM a été la cible d’une attaque préméditée et réfléchie, ce qui aura plusieurs conséquences considérables. En premier lieu, l’Organisation des Nations unies a fermé immédiatement et jusqu’à nouvel ordre ses bureaux d’Islamabad, qui n’étaient plus en mesure d’assurer la sécurité de ses employés. Il s’agit là d’une conséquence dramatique pour la population pakistanaise, qui était la bénéficiaire du programme. Même si le Secrétaire Général de l’ONU assure que cette mesure ne sera que temporaire, non seulement l’aide est pour le moment avortée, mais un climat d’insécurité et de peur est en train de s’installer. Au vu des attentats meurtriers qu’a subi le pays ces deux dernières années, les organisations humanitaires se retirent peu à peu, et sont de moins en moins nombreuses à pouvoir venir en aide aux victimes des catastrophes naturelles, de la pauvreté ou des combats armés entre Alliés et Talibans.
Les lois internationales ne peuvent apporter de solutions concretes et réalistes. En effet, les mesures applicables par l’ONU restent tout de même limitées ; de la mise à l’écart du Pakistan de la communauté internationale, à l’intervention des casques bleus, ce sont autant de mesures qui conduiraient la population civile à atteindre un degré de misère bien plus élevé. Le redoublement d’efforts et le développement des conditions de sécurité des travailleurs humanitaires restent la meilleure solution. Si l’Organisation des Nations Unies elle-même se retire du pays, c’est le dernier bastion de l’aide désintéressée et de l’espoir qui s’effondre pour la population civile pakistanaise.

Cependant, la communauté internationale est réellement préoccupée par ce pays, étant désormais considéré comme une véritable bombe à retardement. La prolifération de quartiers talibans au nord-ouest du pays a amené l’armée pakistanaise à mener des combats sanglants, engendrant un nombre de décès civils sans précédent. Les attaques suicides sont imprévisibles et particulièrement violentes. Les Talibans afghans et les membres d’Al Qaida multiplient leurs offensives à travers le monde dans le but de venger la mort de leur chef Baïtullah Mehsud, tué par le tir d'un missile américain le 5 août dans des zones tribales du nord-ouest du Pakistan. Lorsque la situation au Pakistan est évoquée, une crainte traverse l’esprit de chacun. Ce pays d’Asie mineure possède l’arme nucléaire depuis plus d’une dizaine d’année, et une prise de pouvoir par les Talibans sur le régime actuel n’est malheureusement pas à exclure. On peut sans difficulté imaginer qu’un tel événement décuplerait les risques d’utilisation de l’arme atomique contre les pays occidentaux.

En dépit du risque encouru par ses employés, la seule issue possible et envisagée par cette organisation est le maintien des aides auprès des populations en besoin. La complexité du conflit et des enjeux de la région ne font qu’aggraver la situation des populations civiles qui sont comme toujours les premières victimes des différends. De même, les humanitaires sont trop souvent les victimes ciblés des conflits. Comme l’a justement rappelé Ban Ki-moon le 25 mars 2009 : 105 Etats membres n'ont toujours pas ratifié la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé adoptée en 1994 et seulement 16 états ont ratifié le protocole additionnel de 2005.

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NOTE : Ce texte est un travail étudiant. Il traite des opinions et constatations des auteurs uniquement. Il ne reflète pas les idées et la position officielle de l'Institut des hautes études sur les Nations unies, de ses administrateurs, directeurs, employés, partenaires ou des personnes consultées au cours de sa préparation.