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Copenhague recherche consensus international

Par Marie Lecuyer,

Il faudrait limiter l’augmentation de température de la planète à deux degré Celsius (au delà, il s’agirait d’un point de non retour), pour ralentir l’emballement du réchauffement climatique de la planète, selon le rapport de 2007 du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC). Pour permettre un réel impact sur ces changements climatiques, le GIEC, désigné pat l’ONU après le protocole de Kyoto, préconise la réduction significative (vingt cinq à quarante pour cent) des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) d’ici les dix prochaines années. C’est sur cette base que s’ouvrira, le 7 décembre 2009, le sommet international de Copenhague sur le changement climatique.

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L’après Kyoto est relativement simple : cent soixante quinze pays avaient ratifiés l’Accord et s’étaient engagés à réduire, d’ici à 2012, leur émissions de gaz à effet de serre de cinq pour cent par rapport à celles répertoriées en 1990. A la veille de cette date limite, les objectifs ne sont pas atteints, notamment, la France, qui, en 2006, n’avait réussi à réduire ses émissions de GES que de quatre pour cent.

Les engagements pris à Kyoto prenant fin début 2013, il est nécessaire de trouver un nouveau consensus par la communauté internationale, alors même que les trois plus grands émetteurs de GES au monde : les Etats Unis, l’Union Européenne et la Chine, font jouer leurs enjeux stratégiques.

Les Etats Unis refusent de négocier sur la base du protocole de Kyoto en vigueur (accord non ratifié par les Etats Unis). Ils souhaitent un accord complètement nouveau, qui serait signé par tous les pays, et les laisseraient libres de fixer leurs propres objectifs et de déterminer leurs calendriers de réduction des émissions.
La Chine, quant à elle, invoque le droit au développement pour déroger aux exigences prévues par Kyoto afin de diminuer les émissions de GES.

Première émettrice de GES au monde, elle se fonde sur la responsabilité historique des pays développés dans le changement climatique (soixante dix sept pour cent des émissions cumulées depuis le XVIIIème siècle leur sont imputables) et propose que les émissions soient comptabilisées par capita : les pays consommateurs des produits manufacturés, paieront la facture du changement climatique.

L’Alliance des Petits Etats Insulaires (AOSI) soutient la Chine et souhaite maintenir le protocole de Kyoto comme base de négociations, afin de contraindre les pays industrialisés à appliquer les réductions prévues selon le droit international.

L’Union Européenne, elle, semble s’être rangée aux côtés des Etats Unis, mais souhaite conserver les acquis les plus importants de Kyoto.
Les pays en développement, notamment à travers le groupe des soixante dix sept, tendent à suivre la position de la Chine quant à l’argument historique mais souhaitent avant tout, sortir de la répartition du monde fixée à Kyoto distinguant de manière rigide les pays développés et les pays en développement.
De même, il faudra déterminer les modalités de l’aide à apporter aux pays en développement.

Selon l’ONU, cinq cent milliards de dollars sont nécessaires pour que ces pays puissent s’adapter au changement climatique, tout en préservant leur croissance économique. Il faut, par conséquent, trouver un accord sur les sources, les instruments et la finalité du financement de ces pays, mais aussi définir la structure responsable de la gestion du système.
Parmi les propositions avancées, le Mexique suggère la création d’un « fond vert mondial » alimenté de manière équitable par tous les pays. Parallèlement, la Norvège, souhaite mettre aux enchères une partie des quotas d’émission des pays du Nord…

A cette difficulté, s’ajoutera la demande de l’Afrique d’une réparation financière pour faire face aux émissions de GES. En effet, la Banque mondiale a indiqué dans son rapport annuel de 2008, que les pays en voie de développement, à l’origine de deux pour cent des émissions de GES, en paieront les conséquences à hauteur de quatre vingt pour cent. Face à cela, l’Afrique menace de quitter le sommet de Copenhague, mais l’absence actuelle de consensus sur les modalités de cette réparation, fait craindre que la voix de l’Afrique ne pèsera pas lourd face aux grandes puissances…
Ainsi, il semble délicat qu’un accord international puisse être trouvé. Les échecs des récentes négociations préparant Copenhague le montrent de toute évidence. L’enjeu réel est de savoir, si un accord est possible ou s’il faut s’attendre seulement à la mise en place d’un cadre politique en vue de la réduction des émissions de gaz à effet de serre ?

Tant que les pays verront la lutte contre le réchauffement climatique comme un sacrifice, et non comme un investissement rentable, aucun accord, quelque il soit, ne pourra produire réellement d’effet. Dès lors, le constat commun de l’urgence à agir suffira-t-il à lui seul à faire consensus ?

NOTE : Ce texte est un travail étudiant. Il traite des opinions et constatations des auteurs uniquement. Il ne reflète pas les idées et la position officielle de l'Institut des hautes études sur les Nations unies, de ses administrateurs, directeurs, employés, partenaires ou des personnes consultées au cours de sa préparation.