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Copenhague : quand les petits ruisseaux peuvent faire les grandes rivières
Par Marlène Moulin
Du 7 au 12 décembre se tiendra à Copenhague le sommet des Nations Unies sur le réchauffement climatique. Les représentants de plus de 192 Etats se réuniront afin de trouver ensemble des moyens de lutter contre le réchauffement climatique. L'intérêt économique de chaque Etat, ainsi que l'épineuse question du financement des mesures proposées, risquent de rendre difficile la conclusion d'un accord international novateur. Il est pourtant possible de se demander si un début de réponse au problème du réchauffement climatique ne se trouve pas ailleurs qu'à Copenhague.
Il semble opportun alors de se pencher sur les multiples initiatives écologiques qui constellent notre horizon, car partout à travers le monde, et notamment en Afrique de l'Est et en Asie, des politiques d'énergie durable se mettent en place progressivement.
Le Kenya, l'Éthiopie et la Tanzanie, sont des exemples qui illustrent l'attrait nouveau des pays Sub-Sahariens pour les énergies renouvelables et durables. Ces trois pays développent depuis peu un parc éolien compétitif ainsi qu'une source d'énergie prometteuse en Afrique de l'Est : la géothermie. Face à l'accroissement de la demande en électricité de ces pays, leur gouvernement décide de miser sur des solutions plus écologiques que le charbon ou le fioul, comme les énergies durables plus rentables à long terme, tant sur le plan géologique qu'au niveau climatique.
Le Kenya fait preuve d'une volonté sans conteste de se tourner vers les énergies durables, comme le confirment les récents contrats conclus par Nairobi sur le marché de l'énergie éolienne.
Au Nord du Kenya, dans le désert du lac Turkana, 365 turbines seront installées d'ici 2012. Gitson Energy, compagnie locale dirigée par des Kenyans résidents aux Etats-Unis, finance ce projet. Ce parc éolien devrait avoir une capacité de 300 Mégawatts, soit un quart de la production électrique actuelle du pays selon Cyrus Thairu, directeur de communication de cette société.
Sur la Great Rift Valley le gouvernement Kenyan prévoit d'implanter un parc éolien d'une capacité de 5,1 Mégawatts (MW) d'ici quelques années. Le coût de ce projet financé par le gouvernement belge s'élève à 1 milliard de shillings (soit environ neuf millions d’euros) et sera remboursable sur une période de quatorze ans avec un taux d'intérêt à 1,5%. Une fois en fonctionnement, ce nouveau parc sera capable d'alimenter en énergie 1000 maisons Kenyanes selon Heznan Ngiela, ingénieur général de la compagnie publique d'électricité du pays (KenGen).
La production de KenGen provient à près de 72.3% de centrales hydro-électriques. La géothermie est à la base de 11% de la production de l'énergie au Kenya et le gouvernement entend augmenter encore sa capacité de 500 MW dans les cinq prochaines années.
L'exemple Kenyan n'est pas le seul qui doit être remarqué. Dans d'autres Etats de l'Afrique Sub-saharienne une politique de développement des énergies durable est mise progressivement en place.
L'Éthiopie vient également de conclure un marché avec le groupe Français Vergnet en Octobre 2008, afin de développer un réseau d'éoliennes sur son territoire. La compagnie d'électricité nationale d'Éthiopie (EEPCo) prévoit de faire construire un parc éolien de 120 MW dans la région du Tigré dans les cinq prochaines années. L'EEPCo estime que ce nouveau projet pourra couvrir 15% de la capacité de production électrique.
La Tanzanie n'est pas en reste et prévoit la construction de deux parcs éoliens dans la région du Singinda qui pourront couvrir à eux deux une capacité de 100 MW, soit 10% de la production électrique.
Ces multiples initiatives sont toutes d'origine gouvernementale, il semble pourtant important de souligner les volontés solidaires des particuliers, les innovations dont les citoyens sont à l'origine.
A Bornéo, en Indonésie, Willie Smits a créé une fondation de protection des orangs-outangs et a permis de mettre en place un véritable système de restauration de leur habitat. Cette réalisation a été faite en collaboration avec la population locale, ce qui a permis la création de trois mille emplois.
Willie Smits, néerlandais d'origine, aujourd'hui Indonésien, a créé en 1991 la fondation pour la survie de l'orang-outang à Bornéo (BOSF). En 2002 il devient propriétaire de deux mille hectares de terres déboisées, qu'il qualifie de « désert écologique ». Grâce à un travail de longue haleine de la part des habitants de la région et de Smits lui même, ce territoire reboisé est actuellement le refuge de 137 espèces d'oiseaux, de nombreux orangs-outans et de quelques ours malais. Le bénéfice écologique de cette initiative ne s'arrête pas là. Le reboisement de la forêt à permis une baisse de la température de l'air de 3 à 5°C dans les abords immédiats et les chutes de pluie ont augmenté de 25%.
Il n'y a jamais eu « une restauration écologique aussi profondément intégrée à un rétablissement économique » déclare Armory Lovins, expert au Rocky Mountain Institute.
Ces quelques exemples proviennent de volontés Étatiques ou civiles et illustrent toutes la prise de conscience universelle de la nécessité et l'urgence d'un changement en matière de politique énergétique et écologique.
Reste à espérer que les différents dirigeants présents au sommet de Copenhague prendront en compte les diverses voix qui se font entendre en faveur de la sauvegarde de la planète, et ce, en donnant priorité à celle-ci sur les intérêts économiques en jeu.
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NOTE : Ce texte est un travail étudiant. Il traite des opinions et constatations des auteurs uniquement. Il ne reflète pas les idées et la position officielle de l'Institut des hautes études sur les Nations unies, de ses administrateurs, directeurs, employés, partenaires ou des personnes consultées au cours de sa préparation.